Loin du reste du monde, un vaste espace traversé par le vent. Six personnes vont s’y rencontrer. Elles se retrouvent là, comme autorisées à quitter un instant le cours ordinaire de leurs vies. Elles ne se connaissent pas et cherchent seulement, dans cette trêve, à dissiper leur vague à l’âme.
Le vent, la musique, leurs voix composent un même champ d’énergie dans cet espace à ciel ouvert où quelque chose se recompose. C’est une faveur que ce groupe s’accorde pour que la lumière ne soit plus celle qui baigne leur quotidien. Elle éclairera une célébration, celle d'une percée tant espérée.
Cette pièce chorégraphique, aux confins du théâtre et du cinéma, se déploie comme un long plan-séquence révélant la métamorphose de ces six destins croisés. On s’attache à leurs trajectoires, on guette leurs variations. Les corps s’engagent et une énergie circule entre eux. C’est ainsi que la danse émerge, elle se déchaine comme seul soupir, une sauveuse.
Dans ce lieu, le groupe navigue avec audace, comme s’il s’autorisait à exister autrement : la promesse d’une expérience exaltante qui leur ferait oublier le reste. Quelque chose doit céder et de ce basculement pourrait surgir une forme de grâce. Ils tentent de tenir ensemble ce moment, cette percée : comme un objet précieux, jusqu’à leur retour au monde.